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Une décennie d’antibiogouvernance et de surveillance des infections au CIUSSS de l’Estrie – CHUS grâce à un logiciel d’aide à la décision clinique

L’impact de l’augmentation des cas de COVID-19 survenant cet automne combiné avec la présence de systèmes immunitaires affaiblis post-isolement chez la population, entraîne une surcharge de travail chez les cliniciens et pharmaciens dans les hôpitaux. Ceci incite ces derniers à revoir certaines pratiques sujettes à être compromises telles que la surveillance des  antimicrobiens et celle des infections nosocomiales. L’intégration d’outils informatisés avancés et fiables, tel qu’APSS et ZINC, aux pratiques mentionnées, permettrait une antibiogouvernance et une surveillance des infections nosocomiales optimale au quotidien. Ces logiciels d’aide à la décision clinique sont facilement implantables quelque soit la taille, l’emplacement géographique ou le réseau de service de consultation externe à un hôpital.

A noter que l’adoption de ces logiciels s’est avérée efficace au CIUSSS de l’Estrie – CHUS non seulement dans un contexte de pandémie de COVID-19 mais bien avant celle-ci. En effet, depuis une décennie déjà que l’équipe d’antibiogouvernance du CHUS utilise le logiciel APSS au quotidien. L’adoption de celui-ci a incité à revoir le processus de revue des antimicrobiens afin de le rendre plus rapide et efficace. Son utilisation a également facilité la collaboration entre les membres de l’équipe d’antibiogouvernance. De plus, l’implantation des logiciels APSS et ZINC a entraîné des gains économiques pour l’hôpital et a permis de prodiguer des soins d’excellence pour les patients.

APSS facilite la pratique de l’équipe d’antibiogouvernance et appuie une collaboration rationalisée entre les pharmaciens et les microbiologistes

Depuis 2010, le CIUSSS de l’Estrie – CHUS utilise le logiciel APSS pour appuyer son programme d’antibiogouvernance. L’apport de celui-ci a été d’une valeur sans précédent dans le processus de surveillance et de gestion des antimicrobiens.  En effet, il permet une revue rapide et efficace des prescriptions et facilite la collaboration entre les pharmaciens et microbiologistes.

Avant l’implantation du logiciel, Dr Philippe Martin, chef du service médical de microbiologie du CIUSSS de l’Estrie – CHUS, et l’équipe d’antibiogouvernance constituée de pharmaciens et de microbiologistes, révisaient manuellement l’utilisation des antimicrobiens, une méthode qui s’avérait longue entraînant un délai dans la gestion des cas actifs. Depuis l’adoption d’APSS, le processus de gestion des antimicrobiens est plus rapide grâce au système d’alertes établit ciblant les prescriptions sous-optimales à revoir. De plus, la pertinence des recommandations d’interventions formulées par le logiciel facilite la gestion des cas sachant que 90% de ces recommandations sont acceptées par les utilisateurs.

L’intégration d’APSS aux pratiques quotidiennes a donc permis de détecter et régler rapidement les cas problématiques. Aujourd’hui, le logiciel demeure l’outil de travail de choix pour les pharmaciens et les microbiologistes de l’équipe d’antibiogouvernance.

En tant que clinicien utilisateur d’APSS, Dr Martin partage son expérience de travail au quotidien avec le logiciel lui permettant de prescrire les bons médicaments grâce à la révision des alertes : « Pour la gestion des cas actifs, le logiciel est indispensable. La clé est de pouvoir avoir accès à une seule fenêtre montrant les cultures, les antimicrobiens qu’ont reçu les patients ainsi que l’heure à laquelle ils les ont reçus. Ce qui m’impressionne le plus est la façon dont le logiciel APSS automatise la tâche, sans intervention humaine. En nous fournissant tous les antibiotiques prescrits ainsi qu’en soulignant les cas de patients n’ayant pas reçu la bonne dose et les cas d’interactions avec d’autres médicaments, il est notre ange gardien. »

D’autre part, APSS facilite la collaboration quotidienne entre les membres de l’équipe d’antibiogouvernance. En effet, au CHUS, 6 pharmaciens et 6 microbiologistes spécialisés en antibiogouvernance travaillent étroitement ensemble. Les microbiologistes collaborent avec les pharmaciens surtout pour la révision de dossiers problématiques. Les fonctions du logiciel facilitent l’établissement de cette communication permettant un échange d’information entre les divers utilisateurs.

Satisfaire le besoin de réduire le temps d’hospitalisation, l’utilisation des antimicrobiens et les coûts associés

L’utilisation d’APSS a non seulement facilité le processus de travail au sein du programme d’antibiogouvernance mais a aussi engendré des gains économiques pour l’hôpital. En 2018, le CIUSSS de l’Estrie – CHUS a mené une étude dirigée par Dr Vincent Nault dans le but d’analyser l’impact de l’implantation du logiciel APSS au sein de l’hôpital. Les résultats ont montré une réduction du budget consacré aux traitements par antibiotique ainsi qu’une diminution de la durée du séjour des patients.

Gérer les infections liées à la COVID-19 grâce au soutien du logiciel APSS 

L’utilisation d’APSS a permis de poursuivre efficacement les activités d’antibiogouvernance malgré les défis engendrés par la pandémie de COVID-19. « J’ai pu continuer à assurer une antibiogouvernance tout en gérant la pandémie durant les autres 16 heures de la journée. Nous n’avons pas eu à abandonner le logiciel APSS, puisqu’il était si bien intégré. »

« L’antibiogouvernance aurait dû être abandonnée puisqu’elle semble être une activité moins essentielle que la gestion des soins aux patients », mentionne Dr Martin en ce qui a trait à la décision de continuer à utiliser le logiciel APSS. « Mais, comme nous disposons d’une excellente structure avec le logiciel APSS, nous pouvons continuer à l’utiliser. Nous avons pu procéder à certaines interventions puisqu’en raison de la COVID-19, beaucoup d’antibiotiques ont été prescrits pour des infections. Grâce au logiciel APSS, nous avons détecté quelques cas où des antibiotiques à trop large spectre étaient utilisés chez des patients atteints de COVID-19. »

Donner d’excellents soins aux patients grâce aux logiciels APSS et ZINC

L’utilisation d’APSS contribue à fournir des traitements personnalisés grâce à des algorithmes qui détectent des cas de patients ayant des conditions cliniques particulières. Selon Dr Martin, « Plusieurs patients tirent profit de l’utilisation du logiciel APSS.  A titre d’exemple, ceux qui n’ont pas reçu le bon traitement, ceux qui sont atteints d’une infection causée par une bactérie résistante et ceux dont le traitement est trop agressif pour leur condition clinique, indique Dr Martin. Le logiciel APSS touche à tout! Il signale la nécessité d’une éventuelle intervention pour les infections les plus prévalentes à l’hôpital soit celles des voies urinaires. De même, le logiciel est d’une grande utilité pour réviser les antimicrobiens destinés à d’autres types d’infections telles que les pneumonies, les septicémies et les méningites, pour ne nommer que celles-ci. »

En ce qui a trait au logiciel de surveillance des infections nosocomiales ZINC, il appuie les praticiens de l’équipe de prévention et contrôle des infections dans l’identification en temps réel des cas infectés, colonisés ou suspectés. Il facilite aussi le suivi de ceux-ci ainsi que la documentation des précautions additionnelles.

A noter qu’une utilisation conjointe des 2 logiciels, APSS et ZINC, permet de prodiguer des soins sécuritaires et des traitements adaptés aux patients hospitalisés tout en agissant sur les bactéries multirésistantes (BMR). En effet, ZINC est un outil essentiel pour limiter la propagation des BMR et d’autres infections transmissibles aux patients réduisant ainsi le risque d’initiation de traitements antimicrobiens. Quant à APSS, il permet une gestion efficace de ces derniers réduisant ainsi l’apparition des BMR mais aussi de potentiels effets secondaires liés au traitement chez les patients. « Lorsqu’on combine la mise en place du programme de prévention des infections facilité le logiciel ZINC, avec le programme d’antibiogouvernance facilité par le logiciel APSS, ils deviennent une arme efficace contre les infections causées par les BMR, mentionne Dr Martin » De plus, l’utilisation de ces 2 logiciels conjointement ne peut être qu’efficace car elle permet aux hôpitaux de continuer à s’enligner avec la réalité du Québec qui a toujours affiché un faible taux de BMR soit de SARM, ERV et de C. difficile comparativement aux autres provinces (selon Dr Martin).

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